Bien-être au quotidien

Stérilet : comprendre le DIU, ses types et son efficacité

Le sterilet, ou DIU, se choisit selon son âge, ses règles et sa situation. Types, pose, douleur, suivi, retrait et remboursement : voici l'essentiel.

Illustration d'un stérilet en forme de T posé sur un fond doux, avec un carnet médical et des gants.

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Le stérilet, que les soignants appellent DIU (dispositif intra-utérin), est un petit dispositif en forme de T placé dans l’utérus par un médecin ou une sage-femme. Il existe en deux versions : au cuivre, sans hormone, efficace de 4 à 10 ans selon le modèle, et hormonal au lévonorgestrel, efficace de 3 à 8 ans selon le dosage. Son efficacité dépasse 99 %, il ne demande aucun geste quotidien, ne rend pas stérile et se retire à tout moment.

Ce mode de contraception convient à beaucoup plus de femmes qu’on ne le pense, y compris aux adolescentes et à celles qui n’ont jamais eu d’enfant, à condition qu’aucune contre-indication ne s’y oppose. Il ne protège pas des infections sexuellement transmissibles : le préservatif garde toute sa place avec un nouveau partenaire. Les repères qui suivent servent à préparer la consultation, à comparer les deux familles de DIU et à savoir quoi surveiller après la pose.

Stérilet ou DIU : définition d’un contraceptif qui ne rend pas stérile

Le DIU est une petite armature en plastique souple, le plus souvent en forme de T, d’environ 3 cm de long. Une fois inséré dans la cavité utérine, il reste en place plusieurs années. À sa base est attaché un fil fin, coupé court au moment de la pose : il dépasse de quelques centimètres du col de l’utérus, au fond du vagin, et sert uniquement à retirer le dispositif. Ce fil s’assouplit avec le temps et passe inaperçu pour le partenaire dans la grande majorité des cas ; s’il est perçu, le professionnel peut le raccourcir.

Pourquoi le mot stérilet est trompeur

Le terme « stérilet » s’est imposé dans le langage courant avec les premiers modèles, mais il véhicule une idée fausse. Le dispositif n’abîme ni les trompes ni les ovaires et n’agit que tant qu’il est en place. Après son retrait, la fertilité revient au niveau qu’elle avait avant la pose, généralement dès le cycle suivant. C’est pourquoi médecins, sages-femmes et autorités de santé préfèrent parler de DIU, ou de SIU (système de diffusion intra-utérin) pour la version hormonale.

Le DIU appartient aux méthodes contraceptives de longue durée d’action, au même titre que l’implant. Leur point commun : une fois posés, ils fonctionnent sans intervention de l’utilisatrice, ce qui supprime le risque d’oubli, cause majeure d’échec de la pilule. L’écart entre l’efficacité théorique et l’efficacité en vie réelle est donc minime, contrairement aux méthodes qui reposent sur un geste répété chaque jour ou à chaque rapport.

En pratique, si la peur de « devenir stérile » freine le projet, elle peut être écartée d’emblée. La réflexion se concentre alors sur les vraies questions : le type de DIU, la tolérance des règles et le moment de la pose.

DIU au cuivre et DIU hormonal : fonctionnement et différences

Les deux familles partagent la même forme et la même technique de pose, mais pas le même mode d’action. Comprendre ce qui se passe dans l’utérus aide à anticiper les effets sur le cycle.

Comment fonctionne le stérilet au cuivre

Le DIU au cuivre porte un fil ou des manchons de cuivre enroulés autour de sa tige. Le cuivre libère en continu des ions qui ont un effet spermicide : les spermatozoïdes deviennent inactifs et peinent à atteindre l’ovocyte. Le dispositif provoque aussi une réaction locale de la muqueuse utérine (l’endomètre) qui rend la nidation, c’est-à-dire l’implantation d’un œuf fécondé, très improbable. Il ne contient aucune hormone : l’ovulation et le cycle naturel sont conservés.

Cette absence d’hormone explique son principal inconvénient : les règles sont souvent plus abondantes, plus longues et parfois plus douloureuses, surtout les premiers mois. Le DIU au cuivre peut aussi servir de contraception d’urgence s’il est posé dans les 5 jours suivant un rapport non protégé, et il constitue alors la méthode d’urgence la plus efficace.

Comment agit le stérilet hormonal au lévonorgestrel

Le DIU hormonal contient un petit réservoir de lévonorgestrel, une hormone de synthèse proche de la progestérone, qu’il diffuse à faible dose directement dans l’utérus. Cette hormone épaissit la glaire du col de l’utérus (les sécrétions cervicales), qui forme alors une barrière que les spermatozoïdes traversent difficilement, et elle affine l’endomètre. Selon le dosage, l’ovulation est le plus souvent maintenue.

L’effet sur les règles est inverse de celui du cuivre : elles deviennent généralement plus courtes, moins abondantes et moins douloureuses. Une partie des utilisatrices n’a plus de règles du tout, ce qu’on appelle une aménorrhée. Ce n’est ni dangereux ni le signe d’une grossesse, et le sang ne « s’accumule » pas. Les premiers mois, des petits saignements irréguliers (spottings) sont en revanche fréquents. Comme toute méthode hormonale, ce DIU peut entraîner chez certaines personnes de l’acné, une tension des seins, des maux de tête ou des variations d’humeur, le plus souvent modérés.

Le tableau ci-dessous résume les critères qui pèsent le plus dans le choix.

CritèreDIU au cuivreDIU hormonal
Principe actifCuivre, sans hormoneLévonorgestrel (progestatif)
Action principaleEffet spermicide, nidation empêchéeGlaire cervicale épaissie, endomètre affiné
EfficacitéSupérieure à 99 %Supérieure à 99 %
Durée d’action4 à 10 ans selon le modèle3 à 8 ans selon le dosage
Effet sur les règlesSouvent plus abondantes et plus douloureusesDiminuées, parfois absentes
Saignements irréguliersPossibles au débutFréquents les premiers mois
Effets hormonauxAucunPossibles (acné, seins sensibles, humeur)
Contraception d’urgenceOui, dans les 5 joursNon
Ordre de prixUne trentaine d’eurosAutour d’une centaine d’euros

Concrètement, une femme qui souhaite rester sans hormone et tolère bien ses règles s’orientera plutôt vers le cuivre, tandis que celle dont les règles sont déjà abondantes ou douloureuses trouvera souvent plus de confort avec le modèle hormonal. Si le cuivre est choisi, la chaleur sur le ventre et quelques étirements doux en début de journée aident à traverser les crampes des premiers cycles. Avant la consultation, noter la durée, l’abondance et l’intensité des douleurs de règles sur les derniers mois donne au professionnel une base solide pour conseiller.

Quel stérilet choisir selon son âge, ses règles et sa situation

Il n’existe pas de meilleur DIU dans l’absolu, seulement un dispositif plus adapté à chaque situation. Plusieurs profils reviennent souvent en consultation.

  • Adolescente ou jeune femme : le DIU peut être proposé dès les premiers rapports, en l’absence de contre-indication. La Haute Autorité de Santé le cite parmi les méthodes envisageables à tout âge, et des modèles de petite taille existent pour les utérus plus petits.
  • Femme sans enfant : ne jamais avoir été enceinte (être nullipare) n’empêche pas la pose. L’idée inverse est ancienne et n’a plus cours ; le geste peut simplement être un peu plus sensible quand le col n’a jamais été dilaté.
  • Règles abondantes ou douloureuses : le DIU hormonal est souvent privilégié, car il réduit le volume et les douleurs, alors que le cuivre risque d’accentuer la gêne.
  • Souhait d’éviter les hormones : le cuivre est la seule contraception à la fois très efficace, de longue durée et entièrement non hormonale.
  • Après un accouchement : la pose se fait en général à partir de 4 semaines, souvent lors de la consultation postnatale. Les deux types sont compatibles avec l’allaitement.
  • Après une IVG : un DIU peut être posé rapidement, parfois dans le même temps qu’une IVG instrumentale ou lors de la visite de contrôle d’une IVG médicamenteuse.
  • Projet de grossesse dans un ou deux ans : le DIU reste pertinent, puisque son retrait rend la fertilité sans délai.

Les contre-indications au DIU, y compris chez l’adolescente

Les contre-indications sont les mêmes quel que soit l’âge. Lors de la consultation, le professionnel vérifie notamment :

  • l’absence de grossesse en cours ;
  • l’absence d’infection sexuellement transmissible en cours ou d’infection récente de l’utérus et des trompes ;
  • l’absence de saignements vaginaux inexpliqués, qui doivent d’abord être explorés ;
  • l’absence de malformation de l’utérus ou de fibrome qui déforme la cavité ;
  • l’absence de cancer du col de l’utérus ou de l’endomètre ;
  • pour le cuivre, l’absence d’allergie au cuivre ou de maladie de Wilson ;
  • pour le modèle hormonal, l’absence de contre-indication aux progestatifs, comme un cancer du sein ou certaines maladies du foie.

Chez une jeune femme qui a un partenaire récent ou plusieurs partenaires, un dépistage des IST, en particulier de la chlamydia, est souvent proposé avant la pose. Il peut se faire par auto-prélèvement et ne retarde pas forcément la contraception.

DIU ou implant : comment départager les deux contraceptions longue durée

L’implant est un bâtonnet souple d’environ 4 cm glissé sous la peau du bras, sous anesthésie locale. Il diffuse un progestatif, l’étonogestrel, qui bloque l’ovulation pendant 3 ans. Sa pose ne nécessite pas d’examen gynécologique, ce qui rassure certaines personnes. Ses saignements sont en revanche difficiles à prévoir : absents chez les unes, irréguliers chez les autres. Face à lui, le DIU au cuivre reste la seule option sans hormone, et le DIU hormonal agit surtout localement, sur une durée plus longue.

Pour trancher, deux questions suffisent souvent : accepter ou non des hormones, et préférer un geste au bras ou dans l’utérus. Y répondre avant le rendez-vous permet d’arriver avec une préférence claire, que le professionnel validera ou nuancera.

Pose du stérilet : déroulement, douleur et signes à surveiller

Le parcours de la consultation au contrôle

  1. Consultation préalable avec un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme (les sages-femmes sont habilitées à poser des DIU depuis 2009) : échange sur les antécédents, les règles, les attentes, puis choix du modèle.
  2. Prescription et achat : le DIU est délivré en pharmacie sur ordonnance, puis conservé dans sa boîte jusqu’au rendez-vous de pose.
  3. Pose au cabinet, à n’importe quel moment du cycle dès lors qu’une grossesse est exclue. Elle est parfois programmée pendant ou juste après les règles, ce qui facilite cette vérification.
  4. Visite de contrôle dans les 3 mois pour vérifier la position et la tolérance.
  5. Suivi annuel lors d’une consultation gynécologique classique.

Comment se passe l’insertion dans le canal cervical

L’examen se déroule en position gynécologique et ne dure en général que quelques minutes. Le professionnel place un spéculum pour visualiser le col, le désinfecte, puis mesure la profondeur de l’utérus avec un instrument fin appelé hystéromètre. Le DIU, replié dans un tube d’insertion de faible diamètre, est ensuite poussé à travers le canal cervical jusque dans la cavité utérine ; les bras du T se déplient en sortant du tube. Il ne reste qu’à couper les fils à la bonne longueur. Une échographie peut compléter l’examen si la position doit être confirmée.

La pose à domicile proposée par certaines sages-femmes libérales suit exactement les mêmes étapes, avec le même matériel stérile. Elle n’a rien à voir avec une auto-pose : un DIU ne se pose et ne se retire jamais soi-même.

Douleur à la pose du stérilet : à quoi s’attendre et comment l’apaiser

Le ressenti varie beaucoup d’une personne à l’autre : simple gêne pour certaines, crampe intense mais brève pour d’autres, le plus souvent au moment de la mesure de l’utérus et du passage du col. La sensation rappelle celle des douleurs de règles. Plusieurs leviers existent, à discuter en amont :

  • prendre un antalgique ou un anti-inflammatoire environ une heure avant, si le professionnel le valide ;
  • demander une anesthésie locale du col, en gel ou en injection, que de nombreux praticiens proposent ;
  • signaler ses appréhensions ou un mauvais souvenir d’examen gynécologique, pour que chaque étape soit annoncée ;
  • garder en tête qu’une pause ou l’arrêt du geste peut être demandé à tout moment, le consentement valant pendant toute la pose.

Une respiration lente aide à relâcher les muscles du bassin pendant l’insertion, et s’entraîner quelques jours avant avec des exercices de respiration contre le stress rend la technique plus naturelle le jour venu. Après la pose, des crampes peuvent persister de quelques heures à quelques jours. Une bouillotte sur le ventre, du repos puis, si le professionnel ne l’a pas déconseillé, un bain chaud pour décompresser soulagent souvent ces contractions. Certaines apprécient aussi une infusion de camomille ou de mélisse, choisie parmi les plantes à garder pour ses tisanes maison. En cas de tendance aux malaises, mieux vaut prévoir de ne pas conduire au retour.

Signes d’alerte après la pose et risque de grossesse extra-utérine

Les complications sont rares, mais certaines situations justifient de consulter rapidement, sans attendre la visite de contrôle :

  • fièvre, douleurs du bas-ventre intenses ou croissantes, pertes vaginales inhabituelles ou malodorantes, surtout dans les trois semaines suivant la pose, période où le risque d’infection est le plus élevé ;
  • douleurs pendant les rapports apparues après la pose ;
  • fil qui semble plus long ou introuvable, ou sensation de la tige dans le vagin, signes possibles d’un déplacement ou d’une expulsion ;
  • saignements très abondants, ou qui changent nettement de rythme après les premiers mois ;
  • retard de règles ou signes de grossesse, notamment avec un DIU au cuivre, sous lequel les cycles restent réguliers.

Concernant la grossesse extra-utérine, le DIU réduit fortement le risque global de grossesse, y compris hors de l’utérus, par rapport à l’absence de contraception. Dans les très rares cas où une grossesse survient malgré le dispositif, la probabilité qu’elle soit extra-utérine est toutefois plus élevée. Un test positif sous DIU impose donc une consultation rapide avec échographie, et une douleur d’un seul côté du ventre associée à des saignements doit faire consulter en urgence. La perforation de l’utérus pendant la pose reste exceptionnelle, de l’ordre de 1 à 2 cas pour 1 000 poses.

Le bon réflexe consiste à conserver la carte ou le document remis avec le DIU, qui mentionne le modèle et la date de pose, et à garder les coordonnées du cabinet à portée de main.

Suivi, retrait et remboursement du stérilet

Une visite de contrôle est conseillée dans les 3 mois après la pose, souvent après les premières règles. Le professionnel vérifie la présence des fils et la tolérance, et répond aux questions apparues entre-temps. Une consultation par an suffit ensuite, l’occasion de réaliser les dépistages habituels comme le frottis selon l’âge. Entre deux rendez-vous, certaines utilisatrices vérifient elles-mêmes, après les règles, que le fil est toujours perceptible au fond du vagin : ce geste n’a rien d’obligatoire mais peut rassurer.

Retrait du DIU et retour de la fertilité

Le retrait est possible à n’importe quel moment : désir de grossesse, effets mal tolérés, problème médical ou simple envie de changer de méthode. Le professionnel saisit le fil avec une petite pince et tire doucement ; les bras du T se replient et le dispositif sort en quelques secondes. Ce geste est généralement bien moins inconfortable que la pose. Lorsque le DIU arrive en fin de durée d’action, un nouveau peut être inséré dans la même séance.

Un point de vigilance mérite d’être connu : des spermatozoïdes peuvent survivre plusieurs jours dans l’appareil génital. Si aucune grossesse n’est souhaitée, utiliser des préservatifs pendant les 7 jours qui précèdent le retrait, ou démarrer une autre contraception à l’avance, évite une grossesse imprévue.

Prix et remboursement du stérilet

Les dispositifs intra-utérins sont pris en charge à 65 % par l’Assurance Maladie sur prescription, la complémentaire santé couvrant en général le reste. En ordre de grandeur, un DIU au cuivre coûte une trentaine d’euros et un DIU hormonal autour d’une centaine d’euros selon le dosage. Jusqu’à 25 ans inclus, la contraception est prise en charge à 100 % sans avance de frais, de même que les consultations qui s’y rapportent. Au-delà, la pose et le suivi sont remboursés dans les conditions habituelles d’une consultation. Rapporté à ses années d’utilisation, le DIU compte parmi les contraceptions les moins coûteuses.

Avant le rendez-vous, mettre à jour sa carte Vitale et vérifier le niveau de remboursement de sa mutuelle évite les mauvaises surprises au comptoir de la pharmacie.

Vivre avec un stérilet : réponses aux doutes courants

Le stérilet peut-il bouger ou tomber tout seul ?

Une expulsion partielle ou complète est possible, surtout dans les premiers mois et pendant les règles, mais elle reste peu fréquente. Elle peut passer inaperçue, d’où l’intérêt de la visite de contrôle et de l’attention portée au fil. En cas de doute, une contraception complémentaire s’impose jusqu’à la vérification par un professionnel.

Peut-on utiliser des tampons ou une cup avec un DIU ?

Les tampons ne posent pas de problème particulier. La coupe menstruelle est utilisable, mais l’effet de succion au retrait pourrait déplacer le dispositif : il est conseillé de bien rompre le vide avant de la sortir et de veiller à ne pas tirer sur les fils. Signaler son usage au professionnel lors de la pose permet d’adapter la longueur des fils.

Le stérilet fait-il grossir ?

Le DIU au cuivre ne contient aucune hormone et n’a pas d’effet sur le poids. Pour le DIU hormonal, la dose de lévonorgestrel qui passe dans le sang est faible, et les études ne montrent pas de prise de poids nette liée au dispositif. Une variation de poids ressentie après la pose mérite tout de même d’être évoquée en consultation.

Le stérilet protège-t-il des infections sexuellement transmissibles ?

Non, aucun DIU ne fait barrière aux IST, qu’il soit au cuivre ou hormonal. Avec un nouveau partenaire ou plusieurs partenaires, le préservatif reste indispensable en complément, au moins jusqu’à un dépistage réalisé de part et d’autre.

L’auteur

Mathilde Lacroix

Diététicienne de formation

Je cuisine pour ma famille et je cherche des équivalences simples pour réduire le sucre sans dégoûter personne. Mes articles partent toujours d'un repas réel, pas d'un menu théorique.

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